LE SOLEIL... MEFIANCE
Le capital soleil et la photoprotection


Jusqu'au premier tiers du XXème siècle, la mode féminine imposait un teint pâle et une peau la plus blanche possible. Se protéger des rayonnements solaires à la plage nécessitait, comme en témoigne la toile d'Eugène Boudin en 1864, l'ombrelle et la protection des cabines.


Plages aux environs de Trouville (Eugene Boudin)

Changement radical d'attitude au cours du XX° siècle : la révolution industrielle, les loisirs, les transports, le naturisme, la mode, l'industrie du soleil conduisent à une religion du bronzage. L'inconscience face aux risques du soleil était totale et c'est une meilleure connaissance de ses effets néfastes qui a créé depuis quelques années la nécessité d'une photo-protection efficace et adaptée.


  Le capital soleil
Chaque individu dispose d'un capital soleil assimilable à un réservoir dans lequel on puise à chaque nouvelle exposition au soleil. Pour l'économiser, il est nécessaire de se protéger du soleil et en particulier de protéger les enfants dont le derme est mince, la mélanogenèse limitée et le film hydro-lipidique de la couche cornée inexistant du fait de l'inactivité des glandes sudoripares et sébacées. Il faut donc éviter d'exposer les enfants au soleil de midi et leur apprendre à préférer l'ombre, les couvrir d'une casquette ou de vêtements au fort pouvoir photoprotecteur (FPS), comme la toile Denim dont le FPS est de 1600.

  La photoprotection naturelle
La peau dispose de systèmes naturels de défense qui lui permettent de faire face aux agressions du soleil. Ces défenses sont principalement exercées par la couche cornée et la mélanine :
Les rayons UVB provoquent la synthèse de mélanine et favorisent la différenciation des kératinocytes, ce qui induit un épaississement de la couche cornée et protège la peau contre de futures irradiations. Le rayonnement UVA n'induit pas le même niveau de protection qu'un bronzage dû aux UVB naturels. D'abord parce que les UVA ne provoquent pas d'épaississement de la couche cornée et seulement un léger hâle, résultat de l'oxydation des mélanines pré existantes. La prudence est donc de mise dans les cabines de bronzage où les fortes doses de rayonnements UVA dispensées, qui s'ajoutent à celles reçues du rayonnement solaire, cachent sous ce hâle séduisant des dangers insidieux.

Le bronzage constitue ainsi le mécanisme de protection le plus important puisque la mélanine synthétisée se comporte comme un filtre qui absorbe plus de 70% des UV ayant franchi la couche cornée. Mais nous ne sommes pas tous égaux devant les dangers du soleil puisque la phaeomélanine et l'eumélanine n'ont pas le même pouvoir de protection contre les UV : La phaeomélanine des peaux rousses ou blondes contient beaucoup d'atomes de soufre, contrairement à l'eumélanine, et peut produire sous l'effet des UV des dérivés toxiques pour les cellules. Les personnes à peau rousse ou bonde sont donc plus sujettes que les autres aux lésions cutanées provoquées par les rayons UV.
D'une manière plus générale, la protection par le bronzage varie en fonction du phototype de chaque individu, déterminé génétiquement. La classification de ces différents phototypes est établie selon la sensibilité au coup de soleil et la capacité à bronzer. C'est la dose minimale érythémateuse (DME) qui va définir la susceptibilité du sujet au coup de soleil et elle est 60 fois plus élevée chez un individu à peau noire que chez un individu à peau blanche, les roux ayant la valeur la plus faible. D'autres molécules naturelles telles que les caroténoïdes, la vitamine C ou la vitamine E participent à la photoprotection :
La structure chimique des caroténoïdes leur permet d'intercepter et de neutraliser les radicaux libres.
La vitamine C, apportée par une alimentation riche en fruits et légumes, est nécessaire au maintien d'une bonne immunité car elle augmente la prolifération des lymphocytes et stimule la production d'anticorps. La vitamine E peut neutraliser la forme particulièrement active de l'oxygène (radicaux libres) au fort pouvoir oxydant, elle a donc une action anti-oxydante.

  La photoprotection par les filtres solaires
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Le Mexoryl SX (A) et XL (B) furent des avancées technologiques importantes

Le Mexoryl SX (A) et XL (B) furent des avancées technologiques importantes.

Il existe deux familles de produits chimiques photo-protecteurs : les agents minéraux et les agents organiques. Les premiers regroupent les oxydes de zinc et les dioxydes de titane qui agissent en réfléchissant les rayonnements. Les seconds sont des molécules complexes à base de carbone, qui agissent en absorbant l'énergie des rayonnements UV.
Pendant très longtemps, les produits solaires n'ont protégé la peau que des effets des UVB, car on ignorait les effets néfastes des UVA. Nombreux sur le marché, les filtres UVB ne posent pas de problème de stabilité à la lumière et sont généralement solubles dans une huile. Ce qui n'était pas le cas des filtres UVA qui étaient instables à la lumière. Les efforts de la recherche de L'Oréal, dans le domaine de la photoprotection, se sont concentrés sur la recherche de molécules absorbant les UVA et les UVB et sur le développement de formules stables à la lumière.

Ces recherches ont abouti principalement à la synthèse de 2 filtres :
Ainsi le Mexoryl®- SX, un filtre UVA photostable, contenu dans la partie aqueuse (formée d'eau) des produits solaires, a été breveté en 1982. Les premiers produits solaires contenant du Mexoryl®-SX furent lancés en 1992. C'est aujourd'hui encore le seul filtre spécifiquement UVA du marché à réunir toutes ces propriétés.
Puis le Mexoryl®-XL, également photostable, assurant une protection équilibrée UVA et UVB et présent dans la partie lipophile, partie huileuse des émulsions fut breveté en 1988. Aujourd'hui, le Mexoryl XL a été lancé dans différents produits solaires du groupe L'Oréal. Le Mexoryl®-XL possède deux pics d'absorption, l'un dans l'UVB, l'autre dans l'UVA, également efficace, photostable et toléré, et qui représente un complément idéal au Mexoryl®-SX.

Aujourd'hui, la Recherche L'Oréal va plus loin ; ses chercheurs ont mis au point un système de filtration combinant des filtres UVA (comme les Mexoryl) et des filtres UVB, photostables et présents dans les deux phases (aqueuse et lipidique) de l'émulsion du produit solaire.
C'est ainsi que L'Oréal a élaboré le 1er système filtrant " intelligent ". Ces produits solaires s'appliquent sur la peau de manière uniforme, résistent à l'eau et à la sueur, sont sans odeur et non salissants. Ce système de filtration solaire peut être qualifié " d'intelligent " car la combinaison des filtres qui le constituent va permettre une adaptation du produit solaire aux différentes conditions d'ensoleillement et une protection uniforme sur toute la zone où le produit a été appliqué. Certaines molécules, comme les filtres solaires organiques à base de carbone, possèdent des liaisons " rigides " où les groupes d'atomes situés de part et d'autre de ces liaisons sont dans une position bien définie appelée état de repos. Sous l'effet des rayonnements UV, le filtre photo stable passe dans un état excité où les groupes situés de part et d'autres sont mobiles avant de retourner à leurs états de repos par le processus de désactivation.
video isomerisation : bas débit
video isomerisation : haut débit
Le retour à l'état de repos, se fait par dissipation de l'énergie sous forme de chaleur imperceptible.


  Efficacité des filtres solaires
Le critère d'efficacité d'un filtre solaire repose sur son Facteur de Protection Solaire (FPS). Ce facteur est le rapport entre la dose minimale érythémateuse (DME) en présence de produit et la dose érythémateuse minimum (DME) sans produit. La concentration de produit étant normalisée à 2 mg/cm2. Plus ce facteur FPS est élevé meilleur est la protection.
Ainsi, il est possible de déterminer l'indice de protection pour les différents UV, A et B. La détermination pratique s'effectue de façon standard, en laboratoire, sur le dos de sujets sains, par exposition de deux séries de zones délimitées, respectivement protégées et non protégées, à des doses croissantes d'UVB provenant d'une source artificielle stable. Les doses sont proportionnelles au temps d'exposition et on mesure les doses nécessaires pour obtenir les érythèmes minimaux.

L'Indice de protection UVA, IPA, peut être évalué, d'une manière analogue à celle utilisée pour les UVB en mesurant la réponse de la peau au seul rayonnement UVA : ce rayonnement provoque l'apparition d'une pigmentation gris-violet qui se stabilise 2 à 4 h après exposition. Le rapport des énergies UVA produisant cette pigmentation sur peau protégée par le produit et une zone non protégée donne la valeur du facteur de protection spécifique contre l'intensité du rayonnement UVA présent dans la lumière solaire. Cette méthode d'évaluation s'appelle PPD pour " Persistent Pigment darkening " est la seule méthode validée au Japon et est en cours de validation dans la Communauté Européenne.

  L'illusion de la protection
Les crème auto-bronzantes qui sont utilisées dans un but esthétique, ne sont pas des crèmes de protection solaire. Elles colorent les couches supérieures de l'épiderme, sans solliciter la synthèse de mélanine. La coloration disparaîtra en fonction du renouvellement de la peau. Il est donc important de retenir que les autobronzants ne protègent pas. A moins que ne soit spécifié sur l'emballage que le produit contient filtres solaires ayant un effet photo-protecteur.
Utilisée également dans une finalité esthétique, les lampes à bronzer n'apportent aucun bénéfice sur le plan de la santé, sauf dans des cas très limités et sous contrôle médical. La puvathérapie ou photo-chimio-thérapie est utilisée pour soigner certaines maladies de peau, en association avec des substances photo sensibilisantes.
Les UV dispensés par les lampes à bronzer sont des UVA. Ils n'induisent pas de " coup de soleil ", mais la dose reçue lors de séance, s'accumule à la dose d'UVA reçue du soleil, ce qui favorise et accélère le vieillissement de la peau et augmente le risque de cancer de la peau.



BIENVENUE
UN ORGANE REVELE
PROTEGER, RESSENTIR, REPARER
UN ORGANE QUI SE CULTIVE
LE SOLEIL... MEFIANCE

Tous les rayons ne sont pas sur la même longueur d'onde

Qui s'y frotte , s'y pique

Le capital soleil et la photoprotection
LES DESORDRES CUTANES
BIEN DANS SA PEAU
REGARDER VIVRE LA PEAU
MOTS, RITES ET COUTUMES
BOITE A OUTILS







BEAUTEOMIQUE : la preuve moléculaire de la beauté


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Les UV quotidiens, nocifs même à faible dose


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